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En décembre 2016, les ministres de la Justice, de l’Economie et a secrétaire d’Etat à l’aide aux victimes Juliette Méadel avait mandaté un groupe de travail réunissant une douzaine de magistrats, avocats, assureurs et experts spécialistes du dommage corporel et présidé par Madame Porchy-Simon, pour étudier les préjudices d’angoisse des victimes d’attentats.   Il s’agissait d’analyser si l’angoisse endurée par les victimes directes d’événements brutaux, conscientes d’être confrontées à la mort imminente durant leur déroulement, comme celle de leurs proches, contraints dans le même temps à l’attente sur l’issue de leur sort, doivent donner lieu à réparation.   Le 6 mars dernier, les conclusions du rapport de « la commission Porchy-Simon » ont été remises à Madame Meadel.   Elles recommandent la création de deux nouveaux postes dits de « préjudices situationnels d’angoisse » et préconisent leur intégration immédiate, avec examen au cas par cas, dans l’évaluation des indemnisations allouées par le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et autres infractions (FGTI).   Très attendu par les victimes d’attentat, la prise en compte effective de ces préjudices exceptionnels vécus pendant l’événement traumatique, par la victime comme par ses proches, risque d’être difficile si le conseil d’administration du Fonds de garantie ne valide pas par un vote cette reconnaissance le 27 mars prochain.     
Promulgation de la loi n° 2017-258 relative à la sécurité publique   Le 28 février 2017, le Président de la République a promulgué la loi n° 2017-258 relative à la sécurité publique. Ce projet de loi, présenté par le Gouvernement, vise à "renforcer l'efficacité de la mobilisation des forces de l'ordre pour la sécurité, [pour lesquelles] il apparaît nécessaire de prévoir des dispositions leur permettant d'être juridiquement plus assurées lorsqu'elles ont à faire usage de leurs armes. Il est également apparu nécessaire de les protéger, à l'occasion des procédures pénales, contre ceux qui souhaiteraient se venger de l'autorité publique en s'en prenant aux personnes physiques qui l'incarnent. Enfin, plusieurs mesures renforcent les moyens d'action de ceux qui œuvrent quotidiennement à la sécurité de tous".   Le texte comprend 4 chapitres.   Le chapitre Ier (art 1er) donne un cadre commun d'usage des armes aux policiers et gendarmes, ainsi qu'aux douaniers et militaires déployés sur le territoire national dans le cadre de réquisitions (exemple: opération Sentinelle) ou protégeant des installations militaires.   Le chapitre II (articles 2 et 3) concerne la protection de l'identité des policiers, des gendarmes, des agents des douanes ainsi que des signataires de décisions administratives fondées sur des motifs en lien avec le terrorisme. Il permet ainsi notamment, à tout agent de la police nationale et de la gendarmerie nationale, de s'identifier, dans certains actes de procédure qu'il établit, par un numéro d'immatriculation administrative (article 2).   Le chapitre III (articles 4 à 10), comporte diverses dispositions notamment - des précisions indispensables à la bonne mise en œuvre du dispositif relatif aux enquêtes administratives concernant les affectations et recrutements dans les entreprises de transport public de personnes et dans les entreprises de transport de marchandises dangereuses (article 4) ; - le renforcement de la mesure de contrôle administratif des retours (article 5) ; - la possibilité d'un armement des agents de sécurité privée exerçant des activités de protection de l'intégrité physique des personnes (article 6 ) ; - l'aggravation des peines de l'outrage commis contre des personnes dépositaires de l'autorité publique (article 7).   Enfin, le chapitre IV (article 11) contient les dispositions relatives aux outre-mer.    
Promulgation de la loi n° 2017-258 relative à la sécurité publique   Le 28 février 2017, le Président de la République a promulgué la loi n° 2017-258 relative à la sécurité publique. Ce projet de loi, présenté par le Gouvernement, vise à "renforcer l'efficacité de la mobilisation des forces de l'ordre pour la sécurité, [pour lesquelles] il apparaît nécessaire de prévoir des dispositions leur permettant d'être juridiquement plus assurées lorsqu'elles ont à faire usage de leurs armes. Il est également apparu nécessaire de les protéger, à l'occasion des procédures pénales, contre ceux qui souhaiteraient se venger de l'autorité publique en s'en prenant aux personnes physiques qui l'incarnent. Enfin, plusieurs mesures renforcent les moyens d'action de ceux qui œuvrent quotidiennement à la sécurité de tous".   Le texte comprend 4 chapitres.   Le chapitre Ier (art 1er) donne un cadre commun d'usage des armes aux policiers et gendarmes, ainsi qu'aux douaniers et militaires déployés sur le territoire national dans le cadre de réquisitions (exemple: opération Sentinelle) ou protégeant des installations militaires.   Le chapitre II (articles 2 et 3) concerne la protection de l'identité des policiers, des gendarmes, des agents des douanes ainsi que des signataires de décisions administratives fondées sur des motifs en lien avec le terrorisme. Il permet ainsi notamment, à tout agent de la police nationale et de la gendarmerie nationale, de s'identifier, dans certains actes de procédure qu'il établit, par un numéro d'immatriculation administrative (article 2).   Le chapitre III (articles 4 à 10), comporte diverses dispositions notamment - des précisions indispensables à la bonne mise en œuvre du dispositif relatif aux enquêtes administratives concernant les affectations et recrutements dans les entreprises de transport public de personnes et dans les entreprises de transport de marchandises dangereuses (article 4) ; - le renforcement de la mesure de contrôle administratif des retours (article 5) ; - la possibilité d'un armement des agents de sécurité privée exerçant des activités de protection de l'intégrité physique des personnes (article 6 ) ; - l'aggravation des peines de l'outrage commis contre des personnes dépositaires de l'autorité publique (article 7).   Enfin, le chapitre IV (article 11) contient les dispositions relatives aux outre-mer.    
Dans une décision du 10 février 2017 (déc. n° 2016-611 QPC), le Conseil constitutionnel a jugé cette disposition contraire à la Constitution, rappelant que le législateur ne peut porter atteinte à la liberté de communication que par des dispositions qui présentent un triple caractère nécessaire, adapté et proportionné. Au regard de l’exigence de nécessité, le Conseil constitutionnel a relevé que les autorités judiciaires et administratives disposent déjà de nombreuses prérogatives pour contrôler les services de communication au public en ligne et d’un vaste ensemble de qualifications pénales. En particulier, la loi pénale punit la consultation de sites terroristes si celle-ci intervient en lien avec un projet terroriste (C. pén., art. 421-2-6). S’agissant ensuite des exigences d’adaptation et de proportionnalité requises en matière d’atteinte à la liberté de communication, le Conseil constitutionnel a relevé que les dispositions contestées n’imposaient pas que l’auteur de la consultation habituelle des services de communication au public en ligne concernés ait la volonté de commettre des actes terroristes. Ces dispositions réprimaient en effet le simple fait de consulter à plusieurs reprises un service de communication au public en ligne, quelle que soit l’intention de l’auteur de la consultation, hors les trois exemptions susmentionnées. Le Conseil constitutionnel a également indiqué que, si le législateur a exclu la pénalisation de la consultation effectuée de « bonne foi », les travaux parlementaires ne permettent pas de déterminer la portée que le législateur a entendu attribuer à cette exemption.   En réponse, la loi du 28 février 2017 relative à la sécurité publique a réécrit le texte de l’incrimination. Comme par le passé, est réprimé « le fait de consulter habituellement et sans motif légitime un service de communication au public en ligne mettant à disposition des messages, images ou représentations soit provoquant directement à la commission d’actes de terrorisme, soit faisant l’apologie de ces actes lorsque, à cette fin, ce service comporte des images ou représentations montrant la commission de tels actes consistant en des atteintes volontaires à la vie » (art. 24). L’infraction, qui est punie de 2 ans d’emprisonnement et de 30.000 € d’amende, n’est toutefois caractérisée que si « cette consultation s’accompagne d’une manifestation de l’adhésion à l’idéologie exprimée sur ce service ». Le législateur a de même précisé ce qu’il fallait entendre par « motif légitime », à savoir la consultation résultant de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public, intervenant dans le cadre de recherches scientifiques ou réalisée afin de servir de preuve en justice ou le fait que cette consultation s’accompagne d’un signalement des contenus de ce service aux autorités publiques compétentes.
Dans une décision du 10 février 2017 (déc. n° 2016-611 QPC), le Conseil constitutionnel a jugé cette disposition contraire à la Constitution, rappelant que le législateur ne peut porter atteinte à la liberté de communication que par des dispositions qui présentent un triple caractère nécessaire, adapté et proportionné. Au regard de l’exigence de nécessité, le Conseil constitutionnel a relevé que les autorités judiciaires et administratives disposent déjà de nombreuses prérogatives pour contrôler les services de communication au public en ligne et d’un vaste ensemble de qualifications pénales. En particulier, la loi pénale punit la consultation de sites terroristes si celle-ci intervient en lien avec un projet terroriste (C. pén., art. 421-2-6). S’agissant ensuite des exigences d’adaptation et de proportionnalité requises en matière d’atteinte à la liberté de communication, le Conseil constitutionnel a relevé que les dispositions contestées n’imposaient pas que l’auteur de la consultation habituelle des services de communication au public en ligne concernés ait la volonté de commettre des actes terroristes. Ces dispositions réprimaient en effet le simple fait de consulter à plusieurs reprises un service de communication au public en ligne, quelle que soit l’intention de l’auteur de la consultation, hors les trois exemptions susmentionnées. Le Conseil constitutionnel a également indiqué que, si le législateur a exclu la pénalisation de la consultation effectuée de « bonne foi », les travaux parlementaires ne permettent pas de déterminer la portée que le législateur a entendu attribuer à cette exemption.   En réponse, la loi du 28 février 2017 relative à la sécurité publique a réécrit le texte de l’incrimination. Comme par le passé, est réprimé « le fait de consulter habituellement et sans motif légitime un service de communication au public en ligne mettant à disposition des messages, images ou représentations soit provoquant directement à la commission d’actes de terrorisme, soit faisant l’apologie de ces actes lorsque, à cette fin, ce service comporte des images ou représentations montrant la commission de tels actes consistant en des atteintes volontaires à la vie » (art. 24). L’infraction, qui est punie de 2 ans d’emprisonnement et de 30.000 € d’amende, n’est toutefois caractérisée que si « cette consultation s’accompagne d’une manifestation de l’adhésion à l’idéologie exprimée sur ce service ». Le législateur a de même précisé ce qu’il fallait entendre par « motif légitime », à savoir la consultation résultant de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public, intervenant dans le cadre de recherches scientifiques ou réalisée afin de servir de preuve en justice ou le fait que cette consultation s’accompagne d’un signalement des contenus de ce service aux autorités publiques compétentes.
   Le 20 octobre dernier,  Michel Sapin, Juliette Meadel et Christian Eckert ont annoncé l’augmentation de la contribution de solidarité de 4,30 à 5,90 euros, à partir du 1er janvier 2017Une contribution sur contrats d'assurance qui permet à chacun de participer à l’effort de solidarité envers les victimes et à assurer le financement du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI).   "Actuellement, le FGTI est en grande partie financé par une contribution de 4,30 euros prélevés sur les contrats d'assurance de biens signés en France. En 2016, 90 millions de contrats l'alimentent. Le Fonds aide les victimes financièrement et les accompagne dans leur prise en charge. "Il permet d'indemniser le préjudice moral et corporel de tout individu qui a subi un attentat terroriste. [...] Depuis 2 ans, le FGTI a versé des 1res indemnisations à 4 000 victimes de terrorisme et leurs proches. Nous assurons son financement", explique Juliette Méadel. Mais "depuis deux ans, il a été davantage sollicité que depuis sa création en 1986", précise t-elle. Ainsi, le coût total de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016, comparable à ceux du 13 novembre 2015, est estimé entre 300 et 400 millions d’euros, réparti sur plusieurs années.
 
L’Etat sera garant de l’indemnisation des victimes de terrorisme "La situation n'est pas dramatique car le Fonds, le FGTI, est dans une situation à très court terme de stabilité", précise la secrétaire d'Etat. Avec 1,45 milliard d'euros de réserve, le FGTI peut faire face aux demandes actuelles d'indemnisation. Mais l’augmentation de la contribution permet de garantir la solidité financière du Fonds dans la durée. L’Etat sera en outre garant de l’indemnisation des victimes de terrorisme.
  Mieux expliquer et mieux prendre en charge Le rôle de l’Etat et des associations est de permettre aux personnes les plus vulnérables de parvenir à se relever dignement. Pour rendre plus rapide et plus claire, la prise en charge des victimes, la secrétaire d’Etat a annoncé qu’elle allait "signer, avec le Fonds, une convention de service public où je vais préciser des objectifs : transparence, individualisation de l'accompagnement. Il faut améliorer la formation des agents du Fonds."  Cette convention permettra de préciser sa mission de service public, et les objectifs en termes de  transparence, de prévisibilité de la procédure, de politique financière, de réduction des délais et de qualité de service.
 
Afin de rendre plus claires les décisions d’attribution des indemnités, Juliette Méadel a également "demandé au Fonds de publier un référentiel sur l'indemnisation. Ce qui permet de dire quelle somme est reçue, en fonction du préjudice. Je demande au Fonds de faire la transparence sur le référentiel".   Si cette déclaration semble aller en faveur des victimes, il reste cependant à en mesurer les effets positifs sur les montants d'indemnisation qui seront proposés par le FGTI...
Le 19 septembre dernier avait lieu la journée des victimes du terrorisme dans les Jardins ed l'Hotel des Invalides. Organisée depuis 1998 par les associatiosn de victimes et notamment l'AfVT, l'Association française des Victimes du Terrorisme, cette journée d'hommage a été présidée cette année par François Hollande qui a promis une réforme du fonctionnement et des règles d'indemnisation.  Ces annonces n'ont pour autant pas semblé satisfaire les victimes, épuisées par le "parcours du combattant" qu'elles mènent depuis des mois voire des années.    Paris – Lundi 19 Septembre 2016 Mesdames, Messieurs, Chaque 19 septembre depuis dix-huit ans, vous vous réunissez ici à l’initiative des associations pour rendre hommage à toutes les victimes du terrorisme. Nous venons de vous écouter, nous les représentants des pouvoirs publics, au-delà des sensibilités, des convictions qui peuvent nous habiter, unis sur l’essentiel. Nous venons de vous écouter, vous, les victimes, les proches, les parents. Avec émotion, vous avez évoqué les êtres chers qui vous ont été arrachés. Ils étaient vos enfants, vos parents, vos frères, vos sœurs, vos conjoints, des êtres plein de vie, des innocents qui n’avaient pas de haine, pas de haine pour personne mais que la haine a massacrés. Avec dignité, vous nous avez dit l’insupportable absence, la souffrance des survivants, des blessés et des proches dont la vie est ravagée. Avec gravité, vous nous avez exprimé ce que vous attendiez de la Nation, bien plus qu’une solidarité, une fraternité. Une fraternité parce qu’à travers vous, c’est la France tout entière qui a été visée. La France de la liberté, la France de la culture, la France des Droits de l’homme, la France qui se bat et combat partout dans le monde pour ses valeurs. Jamais notre pays n’avait été attaqué avec cette ampleur criminelle, avec cette rage destructrice, avec cette cruauté barbare. Voilà pourquoi il était si important que soient entendus les noms, tous les noms des deux-cent-trente victimes tuées par les terroristes depuis le 19 septembre 2015 en France ou à l’étranger. Le 13 novembre à Paris et Saint-Denis, le 15 janvier à Ouagadougou, le 13 mars à Grand-Bassam, le 22 mars à Bruxelles, le 31 mai à Gao, le 13 juin à Magnanville, le 14 juillet à Nice et le 26 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray, tel est le sens de cette cérémonie. A cet hommage, vous avez donné une date, celle de l’attentat commis sur le vol Brazzaville-Paris en 1989 qui avait cent soixante-dix victimes dont cinquante-quatre Français. Vous lui avez donné un lieu, ici, dans l’enceinte protectrice des Invalides. Vous lui avez donné un symbole avec cette statue de Nicolas ALQUIN inaugurée en 1998 par le Président Jacques CHIRAC, pour qui j’ai une pensée en cet instant pour lui dire notre soutien dans l’épreuve qu’il traverse. Ce monument porte une inscription, parole portée. Elle est à la fois celle qui rappelle le souvenir des morts qui forme désormais notre mémoire nationale et la voix des vivants qui exige d’être entendue. Les associations de victimes ici représentées et que je salue portent cette parole auprès des plus hauts responsables de l’Etat mais aussi auprès de tous nos compatriotes. C’est vrai que pendant longtemps le terrorisme était une succession d’événements isolés, une somme de tragédies individuelles, une addition de destins brisés. Pendant trop longtemps, notre Code pénal ignorait même le mot de « terrorisme ». Les victimes n’étaient pas nommées, pas accompagnées, pas écoutées. Elles étaient souvent laissées seules face à leur douleur. C’est précisément le rôle majeur des associations de victimes, notamment l’AFVT et la FENVAC, mais aussi la première d’entre elles, SOS Attentats, fondée en 1985 par Françoise RUDETZKI. Oui, toutes ces associations qui, pendant près de trente ans, ont incarné le combat pour la reconnaissance des victimes du terrorisme. Elles se sont créées pour partager un malheur le plus souvent, pour marquer une solidarité, pour témoigner aussi, pour donner aux autres l’expérience de leurs propres souffrances pour aider à la reconstruction. Vous vous êtes regroupés pour interpeller les pouvoirs publics, bousculer les administrations, proposer des solutions aux législateurs pour que chaque victime soit considérée pour elle-même, même si c’est le même mal qui l’a frappée. C'est à votre initiative qu’a été crée le Fonds de garantie, il y a maintenant trente ans. C’est sous votre pression qu’il a été élargi. C’est également sur votre proposition qu’a été défini le statut de victime civile de guerre, qu’ont été mises en place des cellules psychologiques et étendues les prises en charge. Désormais, vos associations, toutes vos associations, peuvent se porter partie civile. Mais le terrorisme a changé de dimension. Il nous a déclaré la guerre et nous venons de vivre depuis le début de 2012 une série d’attentats perpétrés par le même ennemi : les fanatiques du soi-disant Etat islamique ou Al-Qaïda. Ses victimes se comptent par milliers et aux morts s’ajoutent les blessés et les traumatisés dans leur esprit, dans leur mémoire. Chacune de ces attaques, chacun de ces attentats, chacune de ces agressions est différent dans l’horreur, mais toutes ont les mêmes auteurs et le même but : utiliser l’islam pour le déshonorer, semer la peur et la désolation, mettre en cause la cohésion de notre pays, atteindre notre démocratie, ce que nous avons de plus cher, notre mode de vie, notre culture, notre façon exceptionnelle d’être ensemble. Face à ces drames, face à ces horreurs, face à cette barbarie et à leurs conséquences, oui, le rôle des pouvoirs publics est indispensable mais ils ne peuvent rien faire sans que vos associations soient impliquées dans tous les choix que nous avons à accomplir. Vos associations nombreuses consacrent leur action au souvenir d’un attentat, pour que rien ne soit oublié. D’autres réunissent des victimes de plusieurs événements. Il y en a qui portent un message dans les écoles, qui agissent à l’échelle internationale, qui luttent contre la radicalisation ou tout simplement viennent aider, accompagner, lorsque se produit un attentat ou une agression. Toutes sont légitimes aux yeux de l’Etat qui respecte leur singularité et dialogue avec chacune d’entre elles. Mais une fois que le pire advient, l’Etat doit être exemplaire dans ses réponses, dans ses procédures, dans ses réactions. Il y a d’abord la vérité, oui la vérité. La transparence qui doit être recherchée et dite sur chaque attaque, chaque attentat, chaque agression. C’est le devoir de l’Etat de répondre à toutes les questions y compris sur son propre rôle et de les assumer. C’est le rôle de la justice indépendante -et qui doit le rester- de condamner les coupables et d’établir la réalité des faits. Puis, il y a les missions des forces de sécurité, policiers, gendarmes, militaires, avec nos services de renseignement, et vous n’avez pas oublié l’administration pénitentiaire, de traquer les terroristes, de déjouer leurs projets criminels dans le cadre de l’Etat de droit, qui n’est pas un Etat de faiblesse, mais qui est la force de l’Etat. Cette guerre a déjà produit tant de victimes que l’organisation de l’Etat, la réponse des pouvoirs publics, le comportement des administrations, les règles d’indemnisation ne peuvent plus rester les mêmes. Le Gouvernement de Manuel VALLS en a tiré les conséquences en créant un secrétariat d’Etat entièrement consacré à la cause des victimes et en prenant appui sur une méthode qui associe pleinement toutes les parties prenantes dans la politique d’aide aux victimes. La secrétaire d’Etat, Juliette MEADEL, a été placée auprès du Premier ministre. Ce n’est pas une administration de plus qui viendrait encore compliquer ce cheminement vers les droits qui sont les vôtres. C’est une mission qui doit mobiliser tous les moyens de l’Etat, et au-delà même de l’Etat, pour coordonner, harmoniser -et j’allais dire- humaniser l’aide aux victimes. Parce qu’à l’horreur du crime barbare ne peut être ajouté l’accablement de démarches lentes, laborieuses, des décisions de prise en charge incompréhensibles ou arbitraires. Voilà pourquoi rien ne peut plus être comme avant, rien ne sera comme avant. Des décisions ont déjà été prises dès la survenance d’un attentat, une information aussi fiable que possible et adaptée aux circonstances est fournie à chaque étape de la prise en charge, aux premières questions qui peuvent se poser, savoir tout de suite ce qui se passe, quels seront les premiers droits à mobiliser, vers qui se tourner. Vous avez salué la cellule interministérielle d’aide aux victimes, c’est son rôle, c’est sa première fonction, accompagner tout de suite. Ce fut aussi le sens de l’ouverture à Nice d’un centre d’accueil des familles et un lieu d’information pour tous, alors même que les conditions étaient effroyables. L’accompagnement doit être global et vous avez eu raison d’insister sur la prise en charge médicale et psychologique qui est gratuite et qui sera garantie aussi bien dans l’immédiat que dans le temps long. Vient ensuite la question douloureuse de l’indemnisation, mais qui n’est rien d’autre que la solidarité de la Nation à l’égard des victimes et la prise en compte du traumatisme des vivants. C’est la mission, la compétence du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme créé il y a 30 ans mais dont on voit bien qu’il ne peut plus rester en l’état. Cette indemnisation doit être juste et transparente. Juste parce que notre effort de fraternité doit se faire dans le respect de cet autre principe, l’égalité. Transparente parce que la relation humaine doit fonder les décisions qui sont prises et non pas simplement des critères mécaniques automatiques qui ne seraient rien d’autres que l’application de règles qui ne peuvent pas prendre en compte toutes les dimensions personnelles et tragiques. C’est pourquoi je l’annonce ici, le fonctionnement et les règles du Fonds de garantie seront réformés. Il y a aujourd'hui des millions, des milliers de personnes qui sont concernées, traumatisées, touchées à jamais par ce qu’elles ont vu, même si elles n’ont rien subi dans leur chair, mais dans leur mémoire hante encore le souvenir des attentats. Les ressources du Fonds seront revues en conséquence et l’Etat s’en portera garant dans la durée. Face à ce terrorisme de masse qui, c’est vrai, effraie et c’est pourquoi il veut nous viser, pour que la peur soit parmi nous, pour que nous doutions les uns des autres, pour que nous nous séparions alors que nous devons être unis sur ce qui fait la force de la Nation. Oui, cette peur, elle est là. Elle concerne aujourd'hui beaucoup de nos compatriotes, tous même, qui se disent un jour peut-être nous serons aussi touchés. Voilà pourquoi nous devons pérenniser l’action qui a été engagée, je parle bien sûr de tous les moyens pour prévenir les attentats, pour les dissuader, pour les empêcher et c’est un travail constant, qui appellera des moyens encore supplémentaires au-delà même de ce que j’avais décidé pour les renforcer. Oui, nous devons aussi assurer la pérennisation de l’action pour les victimes, c’était une des conclusions que je retiens de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats terroristes de novembre 2015, prônant un véritable service public de l’aide aux victimes, avec la mise en place de droits pour protéger leur parcours dans leur reconstruction face aux autres aléas de la vie, car la réparation des corps ne suffit pas. La Nation doit aux victimes d’actes terroristes la reconnaissance de ce qu’elles ont vécu, cette empreinte que l’horreur abjecte leur a gravé à tout jamais, ces douleurs psychologiques, indicibles qui ne s’effaceront jamais, d’où la nécessité de l’accompagnement, du suivi, de la protection. C’est le sens aussi de cette cérémonie d’aujourd'hui. C’est la fraternité de la République qui doit s’exprimer là. C’est au nom de ce principe, la fraternité qu’a été créée une médaille de reconnaissance aux victimes d’actes terroristes, c’est un symbole qui contribue au devoir de mémoire. Puis, il y a une dernière forme de reconnaissance, celle que nous devons aux victimes pour ce qu’elles nous apportent, pour ce que vous nous donnez encore aujourd'hui, vous avez connu une tragédie, mais vous voulez vivre, vous vous battez et vous parvenez à vous relever. Votre énergie est un exemple, en vous regardant, en vous écoutant, je sais qu’au-delà du chagrin qui vous étreint il y a le courage, il y a la force, il y a l’espérance qui se dégage de vos combats. Mesdames et Messieurs, vous nous montrez le chemin. Cette reconnaissance est un hommage aux morts que je salue, mais c’est aussi un regard vers l’avenir. Me reviennent les mots du poète Pierre EMMANUEL -il les avait écrit au cours de la Seconde guerre mondiale quand des martyres étaient sacrifiés, et quand il fallait aussi saluer leur mémoire- voilà ce qu’il disait : « Ces morts, ces simples morts sont tout notre héritage, nous ne laisserons pas en friche leur image. Les vergers fleuriront sur les près reverdis. Vous, qui avez connu le pire, vous nous donnez cette leçon de vie qui s’appelle l’espoir. Vous êtes plus que jamais les dépositaires de cette indispensable mémoire qui vaut lucidité pour le destin commun qui fait la République et qui fait la France ».
Est-il légal de soumettre un des protagonistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris à une surveillance continue alors même qu'il est incarcéré à l'isolement? La question a été posé d’abord devant le tribunal administratif de Versailles avant d’être évoquée devant le Conseil d'Etat. Le requérant évoquait "une atteinte grave et manifestement illégale à sa vie privée" due à sa surveillance ininterrompue dans sa cellule. La Haute juridiction administrative a confirmé notamment que la vidéosurveillance permanente en détention était compatible avec l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le Conseil d’Etat a estimé « qu'il résulte de l'instruction que tant le caractère exceptionnel des faits pour lesquels le requérant est poursuivi, qui ont porté à l'ordre public un trouble d'une particulière gravité, que le contexte actuel de poursuite de ces actes de violence terroriste, font, à la date de la présente décision, obligation à l'administration pénitentiaire de prévenir, avec un niveau de garantie aussi élevé que possible, toute tentative d'évasion ou de suicide de l'intéressé ; qu'eu égard à la forte présomption selon laquelle ce dernier peut bénéficier du soutien d'une organisation terroriste internationale disposant de moyens importants, et alors même qu'il n'aurait pas manifesté à ce jour de tendance suicidaire, sa surveillance très étroite, allant au-delà de son seul placement à l'isolement, revêt ainsi, à la date de la présente décision, un caractère nécessaire ».        

Le fonds d'aide aux victimes sous pression après les attentats par Andrew Chung

PARIS (Reuters) - la France pourrait être amenée à indemniser plus de 2.000 personnes après les attentats de Paris et Saint-Denis, qui ont fait au moins 129 morts, une charge qui pourrait, selon des avocats, amener les autorités à repenser le système français d'aide aux victimes.

Alors que les opérations antiterroristes et l'enquête sur les attentats de vendredi se poursuivent, les autorités françaises ont commencé à dresser la liste des victimes qui sera transmise par le procureur de la République au Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI), organisme chargé de verser les indemnisations.

Ce fonds, créé par le gouvernement en 1986, année de la première grande vague d'attentats liés au Moyen-Orient perpétrés en France, prendra par la suite contact avec les victimes ou leurs familles pour entamer les démarches.

Pour chaque personne décédée dans un acte de terrorisme, ce sont potentiellement jusqu'à 10 membres de la famille qui peuvent être considérés comme victime, explique Françoise Rudetzki, membre du conseil d'administration du FGTI et fondatrice de l'association SOS Attentats.

Viennent s'y ajouter dans le cas présent les 352 blessés, sans compter les rescapés présents sur le lieu des attaques ou à proximité et qui pourraient souffrir de troubles d'ordre psychique par exemple.

Le nombre de victimes pourrait dès lors dépasser 2.000 personnes, une situation à laquelle le fonds n'a jamais été confronté, selon Françoise Rudetzki, elle-même victime d'un attentat en 1983 au restaurant Le Grand Véfour à Paris.

Le montant des indemnités est très variable. D'après l'avocate Géraldine Berger-Stenger, les familles peuvent recevoir entre 20.000 et 30.000 euros, dans le cas d'un décès.

Une indemnisation supplémentaire peut s'ajouter en cas de préjudice économique, dit Guillaume Clerc, porte-parole du FGTI.

A titre de comparaison, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, la moyenne des indemnités versées aux victimes par un fonds spécialement créé était nettement plus élevée puisqu'elle dépassait deux millions de dollars (1,87 million d'euros au taux de change actuel). D'autres pays, comme l'Italie ou l'Espagne, ont fait le choix d'indemniser les victimes en puisant directement dans le budget de l'Etat.

 

SITUATION FINANCIÈRE TENDUE

Ces attentats, les plus meurtriers jamais commis en France, risquent de mettre le FGTI sous pression alors qu'il se trouve déjà dans une situation financière tendue. D'autant que depuis 1990, son champ d'intervention a été élargi aux victimes d'infractions de droit commun comme les homicides, les viols et les agressions sexuelles.

Avant même les attaques du 13 novembre, il était tombé en déficit et devait puiser dans ses 1,2 milliard d'euros de réserves pour verser ses indemnités, explique le porte-parole du FGTI, dont la principale ressource provient d'un prélèvement sur les contrats d'assurance.

Son déficit s'est élevé à 200 millions d'euros en 2014 et à 171 millions l'année d'avant, indique Guillaume Clerc, ajoutant que les réserves risquaient d'être épuisées à un horizon de sept à huit ans sans un relèvement de ses ressources financières.

Déjà fin 2014, un rapport des ministères de l'Economie et des Finances, divulgué par la presse, s'alarmait de l'état de santé du fonds.

Tout juste deux semaines avant les attaques de Paris, le gouvernement a décidé de relever d'un euro, par un arrêté du 30 octobre, la contribution prélevée sur les contrats d'assurance. A partir du 1er janvier 2016, 4,30 euros seront désormais prélevés chaque année.

Pour Guillaume Clerc, le FGTI a ainsi "les moyens d'indemniser toutes les victimes. Il n'y a pas d'inquiétudes sur ce point."

Des avocats estiment toutefois que l'ampleur des attaques de vendredi devrait inciter les pouvoirs publics à revoir le mode de financement du FGTI.

"Nous devrions repenser notre système (d'indemnisation) car si on regarde le nombre de décès et de blessés, c'est quelque chose qu'on n'a jamais vu auparavant", souligne Me Berger-Stenger. "Une taxe sur les contrats d'assurance est insuffisante."

Les indemnisations par le fonds sont capitales compte tenu des difficultés et de la complexité des procédures pour poursuivre les auteurs d'attentats, pour des résultats souvent modiques en termes d'indemnisations.

Depuis sa création, le FGTI a indemnisé plus de 4.000 victimes d'attentats, dont 200 en lien avec les attaques de janvier dernier, et a versé 106,3 millions d'euros.

Pour les victimes des attentats du 13 novembre, le gouvernement a décidé d'appliquer dès à présent la gratuité des soins pour les victimes de terrorisme, une disposition qui figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2016.

 

(Avec Matthieu Protard pour le service français, édité par Gilles Guillaume et Gilles Trequesser)

"Réel risque terroriste ou rigorisme religieux ?

Les médias annoncent la comparution de 15 personnes appartenant au groupe Forsane Alizza, « Les cavaliers de la Fierté », devant le tribunal correctionnel de Paris, dès lundi 9 juin 2015. 

Au cœur du dossier, figure Mohamed Achamlane, 37 ans, présenté comme l’« émir » de Forsane Alizza, un groupe de djihadistes présumés démantelé en 2012. Officiellement, explique 20 Minutes avec l’AFP, cet habitant de la banlieue de Nantes a fondé le site internet Forsane Alizza pour lutter contre l’islamophobie. Mais face à certains propos jugés trop virulents et à des perquisitions « fructueuses », quinze personnes dans le giron du service des renseignements depuis 2011 sont renvoyées lundi 9 juin 2015 devant le tribunal correctionnel de Paris, à partir de 13h30, pour répondre de préparation d’actes terroristes.

« Par Allah tout puissant, on va lui mettre des cicatrices à la France »

Accusé de prôner la lutte armée, Forsane Alizza est dissous en 2012 par le ministère de l’Intérieur. Les investigations se poursuivent, sur la toile notamment, où les enquêteurs découvrent que, dans un chat privé, le principal mis en cause s’intéresse au réglage de lunettes de fusil, aux gilets pare-balles et qu’il écrit entre autres : « Par Allah tout puissant, on va lui mettre des cicatrices à la France ». Chez lui, la police retrouve trois armes de poing et trois fusils d’assaut démilitarisés. Chez d’autres, elle met la main sur un revolver, un pistolet, une carabine… A l’époque, Nicolas Sarkozy parle d’« éléments extrêmement sérieux ». Mais le procureur de la République évoque uniquement un projet, sans « tentative de commencement d’exécution ».

Bataille d’avocats

Depuis, les avocats s’opposent.  « On fait de cette propagande une association de malfaiteurs en considérant que l’islam rigoriste prôné par Forsane Alizza aurait en quelque sorte couvert la préparation d’actes terroristes. Mais dans les faits, rien de tangible n’a été démontré », explique par exemple Me Bérenger Tourné, dans 20 Minutes. De leur côté, Mes Antoine Casubolo-Ferro et Géraldine Berger-Stenger, s’apprêtent à intervenir au nom des centaines d’adhérents à l’Association française des victimes du terrorisme. Chroniques a interrogé l’avocate et sa position est parfaitement claire : « Entre la radicalisation et les actes, il se passe des années, durant lesquelles les candidats s’entraînent et s’organisent. Toute la difficulté de ce dossier sera de démontrer la dangerosité de ces personnes qui, heureusement, ont été interpellées avant » qu’un quelconque attentat n’ait été commis. L’instruction à l’audience est prévue pour durer jusqu’au 23 juin. Les prévenus risquent jusqu’à dix ans de prison."

Jane Hitchcock

 

 Source: https://janehk.wordpress.com/2015/06/08/a-suivre-le-proces-des-djihadist...

La CJUE, dans un arrêt rendu le 30 janvier 2014, indique qu'en droit de l'Union, la notion de "conflit armé interne" doit être entendue de manière autonome par rapport à la définition retenue par le droit international humanitaire (CJUE, 30 janvier 2014, aff. C-285/12). La Directive (CE) 2004/83 du Conseil du 29 avril 2004, protège non seulement les personnes qui peuvent se voir accorder le statut de réfugié, mais également celles qui ne peuvent pas bénéficier de ce statut, mais pour lesquelles il y a des motifs sérieux et avérés de croire qu'en cas de renvoi dans leur pays d'origine ou de résidence habituelle, elles courraient un risque réel de subir des atteintes graves (régime de la protection subsidiaire). Sont, notamment, considérées comme de telles atteintes, les menaces graves et individuelles dirigées en raison d'une violence aveugle contre la vie ou la personne d'un civil dans le cadre d'un conflit armé interne ou international. S'agissant de la question de savoir si l'existence d'un conflit armé interne doit être appréciée sur la base des critères établis par le droit international humanitaire, la Cour constate que la notion de "conflit armé interne" est propre à la Directive du 29 avril 2004 et ne trouve pas directement écho dans le droit international humanitaire, celui-ci ne connaissant que des "conflits armés ne présentant pas un caractère international". Par ailleurs, le régime de la protection subsidiaire n'étant pas prévu en droit international humanitaire, ce dernier n'identifie pas les situations dans lesquelles une telle protection est nécessaire et institue des mécanismes de protection clairement distincts de celui sous-tendant la Directive. En outre, le droit international humanitaire entretient des relations très étroites avec le droit pénal international, alors qu'une telle relation est étrangère au mécanisme de protection prévu par la Directive. La Cour en conclut que la notion de "conflit armé interne" doit être interprétée de manière autonome. S'agissant des critères d'appréciation de la notion, la Cour précise que l'expression "conflit armé interne" vise une situation dans laquelle les forces régulières d'un Etat affrontent un (ou plusieurs) groupe(s) armé(s) ou dans laquelle deux ou plusieurs groupes armés s'affrontent. La Cour rappelle que, dans le régime institué par la Directive, l'existence d'un conflit armé ne peut conduire à l'octroi de la protection subsidiaire que si le degré de violence aveugle atteint un niveau tel que le demandeur court un risque réel de subir des menaces graves et individuelles contre sa vie ou sa personne du seul fait de sa présence sur le territoire concerné. La Cour en conclut qu'il n'est pas nécessaire que le constat de l'existence d'un conflit armé soit subordonné à l'intensité des affrontements armés, au niveau d'organisation des forces armées ni à la durée du conflit.  www.http://curia.europa.eu
Messieurs Pierre-Olivier SUR et Laurent MARTINET, Bâtonnier et Vice-bâtonnier de l’Ordre des Avocats du barreau de Paris ont protesté contre la déjudiciarisation du divorce par le communiqué suivant: « Le barreau de Paris dénonce la proposition présentée à la Chancellerie consistant à déjudiciariser les procédures de divorce par consentement mutuel. Car une société qui résout les états de crise sans juge, est une société où tous les coups de force sont permis. Or, la famille est un des piliers du droit, parce que c’est un des fondements de la société dans ses aspects les plus naturels mais aussi les plus complexes et les plus passionnés. C’est pourquoi seul l’imperium du juge, avec la participation des avocats, doit permettre de dénouer le lien solennel que l’officier d’État civil a établi en Mairie. A défaut, ce serait une démission de l’État dans la protection de ce qui demeure le plus important des liens de droit. Et parce que la loi en a récemment élargi certaines règles, ce qui a été une réforme majeure, il serait paradoxal aujourd’hui d’en disqualifier et d’en minorer le contrôle. Le barreau de Paris, qui gère la majorité des affaires familiales en France, souhaite ainsi attirer l’attention de la Chancellerie, des élus et de l’opinion, sur le risque juridique et sociétal d’une telle réforme qui devra demeurer au rang des projets sans lendemain. C’est dans cette perspective que le barreau de Paris s’exprimera au colloque organisé notamment sur ce thème à l’Unesco les 10 et 11 janvier par la Chancellerie sous l’intitulé « La justice du 21ème siècle ».   information: www.avocatparis.org
La sénatrice Hélène Lipietz et plusieurs autres sénateurs ont déposé une proposition de loi visant à introduire dans le code de procédure pénale une procédure de suspension de détention provisoire pour raison médicale, calquée dans ses modalités sur la procédure de suspension de peine prévue à l'article 720-1-1 dudit code. La compétence en la matière serait celle du juge d'instruction, du juge des libertés et de la détention (JLD), de la Chambre de l'instruction ou des juridictions de jugement, de la même manière que sont coordonnées leurs compétences en matière de demande de mise en liberté. Cette demande de suspension serait fondée sur des expertises médicales concordantes et concluant à l'impossible maintien en détention. Il sera donc prévu que les personnes mises en examen soumises à la détention provisoire puissent demander à tout moment la suspension de cette mesure, dès lors que leur état de santé l'exige. Cette demande de suspension pourrait être présentée, à tout moment de la procédure, au juge d'instruction ou à la juridiction qui désigne un expert sans délai. En cas d'urgence, un certificat unique du médecin de la structure sanitaire prenant en charge la personne mise en examen et être présenté au soutien de la demande. Lorsque  l'expertise est rendue ou le certificat présenté, le dossier est communiqué sans délai au Procureur pour ses réquisitions. Soit le juge d'instruction accorde la suspension de détention sans avoir recours au juge des libertés et de la détention ; soit il refuse la suspension et communique le dossier à ce dernier qui statue dans les 3 jours. En outre, cette procédure sera ajoutée aux domaines de compétence du juge d'instruction et du juge des libertés et de la détention. S'agissant d'une détention ordonnée par une juridiction de jugement ou relevant de la compétence de la Chambre de l'Instruction, la juridiction, quelle qu'elle soit, saisie d'une demande de suspension de détention provisoire pour raison médicale, désignera un expert médical dont le rapport sera communiqué au requérant ou à son conseil, avant l'audience au cours de laquelle la juridiction statuera sur la demande. Information: www.senat.fr    
La personne mise en examen et la partie civile peuvent interjeter appel des ordonnances prévues par le premier alinéa de l'article 179 du CPP dans le cas où elles estiment que les faits renvoyés devant le tribunal correctionnel ou le tribunal pour enfants constituent un crime. A l'issue d'une information ouverte pour tentative d'assassinat, faits de nature criminelle, le juge d'instruction a renvoyé la personne mise en examen devant le tribunal pour enfants sous la prévention de violences aggravées. Les parties civiles ont déclaré interjeter appel. Pour déclarer irrecevable l'appel interjeté par les parties civiles de l'ordonnance de requalification et de renvoi devant le tribunal pour enfants, le président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a retenu, dans une ordonnance du 24 septembre 2012, que les dispositions des articles 186-3 et 179, alinéa 1er, du code de procédure pénale (CPP) n'étaient applicables qu'aux ordonnances de renvoi devant le tribunal correctionnel. Dans un arrêt rendu le 20 novembre 2013, la Cour de cassation annule l'ordonnance au visa de l'article 186-3 du CPP, ensemble l'article 24 de l'ordonnance du 2 février 1945. Elle indique qu'aux termes de ces textes, la personne mise en examen et la partie civile peuvent interjeter appel des ordonnances prévues par le premier alinéa de l'article 179 du CPP dans le cas où elles estiment que les faits renvoyés devant le tribunal correctionnel ou le tribunal pour enfants constituent un crime qui aurait dû faire l'objet d'une ordonnance de mise en accusation devant la cour d'assises. Dès lors, en prononçant ainsi, alors que l'appel, exercé en application des articles 186-3, alinéa 1er, du CPP et 24 de l'ordonnance du 2 février 1945, est recevable, le président de la chambre de l'instruction a excédé ses pouvoirs.
   Le 16 décembre 2013, Madame la ministre de la Justice a reçu le rapport du groupe de travail sur "les juridictions du 21e siècle", présidé par Didier Marshall, premier président de la cour d'appel de Montpellier. Le rapport Marshall relatif à l'organisation judiciaire constitue le quatrième et dernier rapport visant à tracer les grandes lignes d'une réforme judiciaire, après la remise du rapport de l'Institut des hautes études sur la Justice (IHEJ) relatif à l'office du juge, du rapport Nadal sur la modernisation de l'action publique, et du rapport Delmas-Goyon sur le juge au 21ème siècle. Chargé de proposer une organisation judiciaire du 21e siècle, pour "adapter le fonctionnement de la justice aux attentes des citoyens, la rendre plus proche, plus accessible, plus lisible et plus efficace", le rapport Marshall fait plusieurs propositions. Parmi celles-ci figurent entre autres le regroupement des contentieux par blocs de compétence au sein des six tribunaux spécialisés et d'un tribunal dédié aux contentieux de proximité (les sept tribunaux étant regroupés au sein d'un tribunal de première instance), la généralisation des guichets universels de greffe dans les palais de Justice, la réforme procédurale des conseils de prud'hommes, le renforcement des effectifs de greffe dans les maisons de Justice et du droit, l'enrichissement des missions des greffiers, le développement de l'échevinage ou encore la mise en place d'un observatoire national de la Justice. Concernant l'aide juridictionnelle, le rapport estime que "son financement, largement pris en charge par l'Etat, doit sans doute être diversifié, notamment en utilisant les mécanismes d'assurance, qui ne doivent cependant pas remettre en cause le libre choix de l'avocat." De plus, "la procédure d'accès à l'aide juridictionnelle doit être revisitée pour mieux organiser la phase d'instruction des demandes".
"ETA: deux anciens dirigeant condamnés à 18 et 14 ans de réclusion La cour d'assises spéciale de Paris a condamné Ekaitz Sirvent Auzmendi et Ainhoa Ozaeta Mendikute, jeudi 13 décembre, à dix-huit et quatorze ans de réclusion criminelle. Le troisième accusé, Peio Jon Sanchez Mendaza, considéré comme un militant de moindre envergure, a lui été condamné à cinq années d'emprisonnement, dont deux avec sursis. La détention provisoire couvrant sa peine, il est ressorti libre. Selon l'accusation, Ekaitz Sirvent Auzmendi cumulait, au moment de son arrestation en avril 2009, la responsabilité de l'extorsion de fonds et de la cellule de préparation de faux documents officiels et d'identité. L'extorsion aurait permis de lever plusieurs millions d'euros auprès d'entrepreneurs, principalement au Pays basque espagnol et français, mais aussi sur le reste du territoire espagnol. Quant à Ainhoa Ozaeta Mendikute, elle aurait été trésorière de l'organisation mais aurait aussi supervisé l'extorsion, avant M. Sirvent Auzmendi. L'essentiel du dossier reposait sur les très nombreux éléments saisis par les enquêteurs, lesquels ont amené la cour à répondre à 1 000 questions dans son arrêt.   CHANGEMENT DE LIGNE Comme la plupart du temps lors de procès de militants présumés de l'ETA, les accusés ont accueilli le verdict sans la moindre réaction apparente. Si M. Sanchez Mendaza a évoqué son parcours après son interpellation, les deux autres accusés n'ont répondu à aucune question de la cour, de l'avocat général ou de l'avocate des parties civiles, Géraldine Berger-Stenger, durant les trois semaines d'audience. Lors de ses plaidoiries, la défense avait insisté jeudi sur l'évolution marquée de la ligne de l'ETA ces dernières années, ponctuée par l'arrêt officiel de l'extorsion de fonds et de toute action armée, en avril et octobre 2011. « Nous sommes en 2013, avec une nouvelle situation », avait clamé Me Yolanda Molina, avocate d'Ainhoa Ozaeta Mendikute. Me Molina et Me Amaia Recarte, qui défendaient les deux autres accusés, avaient également souligné la lourdeur, selon elles, des peines réclamées par le ministère public au regard des faits reprochés, qui n'incluaient pas la direction d'une association de malfaiteurs à visée terroriste."   Source: http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/12/13/eta-deux-anciens-dirigea...  
Le présent projet de loi « cadre », déposé par le Gouvernement, a pour objet l'égalité entre les femmes et les hommes « dans toutes ses dimensions (...) : égalité professionnelle, lutte contre la précarité spécifique des femmes, protection des femmes contre les violences, image des femmes dans les médias, parité en politique et dans les responsabilités sociales et professionnelles ». L'article 1er définit la politique d'égalité entre les femmes et les hommes selon une approche intégrée et de manière transversale. Après cet article 1er, le projet de loi est divisé en cinq titres.  Le titre Ier (articles 2 à 5) est consacré à la vie professionnelle à travers deux leviers : les dispositifs de soutien à la parentalité et la conciliation vie personnelle et professionnelle d'une part et l'effectivité des règles en matière d'égalité professionnelle d'autre part. Ainsi, ce titre propose notamment de réformer le complément de libre choix d'activité pour instituer un partage entre les deux parents (article 2) ou d'autoriser l'expérimentation pour les salariés, en accord, avec leur employeur, d'utiliser les droits affectés sur le compte épargne temps pour financer des prestations de service à la personne au moyen d'un chèque emploi service universel (article 5). Le titre II (article 6) est relatif à la lutte contre la précarité. Il vise à protéger les femmes seules confrontées à des impayés de pensions alimentaires en créant progressivement une garantie publique contre ces impayés. Le titre III (articles 7 à 17) contient des mesures contre les violences et les atteintes à la dignité. Parmi ces mesures figurent le renforcement du dispositif de l'ordonnance de protection mis en place par la loi du 9 juillet 2010 (article 7) ; la fin, sauf exception demandée par la victime, au recours à la procédure de médiation pénale dans les cas de violences commises au sein du couple (article 8) ; l'affirmation du principe d'éviction du conjoint violent du logement du couple (article 9) ; la généralisation de la téléprotection des victimes (article 10) ; la possibilité pour le procureur de la République de demander à l'auteur d'une infraction de suivre à ses frais un stage de sensibilisation à la prévention et à la lutte contre les violences sexistes (article 15).  Le titre IV (articles 18 à 23) a pour objet la mise en œuvre de l'objectif constitutionnel de parité. Les mesures proposées ont notamment pour objet :  de renforcer la réduction du montant (première fraction) attribué aux partis politiques ne respectant pas les objectifs de parité dès la prochaine législature, soit en 2017 (article 18), de modifier le code du sport pour introduire « une évolution vers la parité dans les modalités de désignation des représentants pour les instances de gouvernance des fédérations sportives agréées » (article 19), de permettre une représentation équilibrée dans les chambres de commerce et d'industrie (article 21), ou de mettre en place des listes paritaires pour les élections aux chambres d'agriculture (article 22). Enfin, le titre V (articles 24 et 25) contient deux articles comportant les dispositions transitoires et finales ainsi que les modalités spécifiques prévues pour certains territoires d'outre-mer.    Pour plus d’information : www.sénat.fr
Article publié dans le Figaro du 13 septembre 2013 :   "Afghanistan, Libye, Mali, Syrie peut-être demain, nos armées volent d’un engagement à un autre, heureuses et fières de servir, oubliant, dans l’ardeur des opérations, les perspectives moroses de la loi de programmation militaire; ignorant surtout la révolution silencieuse qui bouleverse l’organisation du ministère de la Défense et pourrait, si l’on n’y prend garde, ébranler les fondements de l’institution militaire. La place et le rôle des chefs militaires au sein de ce qui fut longtemps le ministère des Armées ont été parfois contestés au cours des dernières décennies. La haute fonction publique, soutenue par les cabinets et le contrôle général des armées, a toujours lorgné vers les postes de responsabilité de ce ministère atypique. Le général Lagarde, il y a trente ans déjà, disait aux stagiaires de l’École de guerre : « On aurait tort de n’y voir qu’un conflit d’intérêts corporatistes. Ce sont deux visions qui s’affrontent: d’un côté, le nôtre, la subordination de toutes les activités à la préparation opérationnelle, de l’autre, celui des civils, le primat de la gestion budgétaire. Cette dernière approche peut séduire, car elle est plus perméable aux pressions politiques… ». Nous n’en crûmes pas un mot. Nous avions tort. La relève des généraux par des hauts fonctionnaires à la tête d’institutions, comme le SGDSN ou la DGSE, aurait pu nous alerter, mais le caractère interministériel de ces postes pouvait expliquer le changement de portage. Surtout, en parallèle, le développement de l’interarmisation recentrait les armées et le ministère sur leur raison d’être, la préparation et la conduite des opérations. La guerre du Golfe avait montré l’urgente nécessité de dépasser les intérêts particuliers de chaque armée (Terre, Marine et Air) en les subordonnant aux impératifs des opérations interarmées. Et, depuis vingt ans, nos engagements incessants dans les Balkans, en Afrique, au Moyen-Orient et en Afghanistan avaient progressivement donné une place centrale, au sein du ministère, au chef d’état-major des armées. Consacrée par les décrets de 2005 et 2009, cette évolution stabilisait et consolidait la charnière politico-militaire en donnant au chef d’état-major des armées (CEMA) les moyens d’exercer son rôle de conseiller militaire du gouvernement. Certains s’en étaient inquiétés, craignant que le ministre de la Défense peine à imposer son autorité à un «proconsul» trop puissant. C’était ignorer le poids incontournable, au sein du ministère, du délégué général pour l’armement, assis sur son socle industriel et social, et du secrétaire général pour l’administration, détenteur des leviers de la finance et de la gestion. La défiance de principe à l’égard du loyalisme des officiers est non seulement infondée mais surtout incompréhensible pour des générations de militaires élevées dans le culte de l’obéissance républicaine. À une époque tristement marquée par l’affaire Dreyfus et l’affaire des fiches, Jaurès avait fait litière de ces accusations en démontrant la constance de la soumission des chefs militaires aux responsables politiques. Aussi les vraies raisons qui conduisent aujourd’hui à retirer au chef d’état-major des armées une part importante de ses responsabilités pour les confier à des fonctionnaires civils se résument-elles dans une formule lapidaire: «Il faut recentrer les militaires sur leur cœur de métier.» En clair, les généraux ou amiraux seraient des techniciens du combat, peu aptes à gérer des hommes, des finances, des relations internationales, voire des services logistiques. Cette vision réductrice de la fonction militaire va à l’encontre de traditions millénaires qui exaltaient les rôles de stratège, d’administrateur ou de logisticien comme autant de facettes indispensables au bon exercice du métier des armes. Elle est surtout antinomique des exigences des conflits modernes où l’intelligence de situation, à tous les échelons, requiert une vision large, bien au-delà de la maîtrise technique des armes, où le dialogue international est la règle, où l’administration d’un secteur, le contact avec la population et la manœuvre logistique sont des facteurs essentiels du succès. L’évolution sémantique est révélatrice des changements de mentalité. Venues d’Europe du Nord, où le refus de la guerre et la foi absolue dans le soft power ont marginalisé les armées, certaines expressions, ignorées dans le monde anglo-saxon, se sont imposées progressivement en France. « L’outil militaire » ou « l’expert militaire » renvoient à une vision technicienne du métier des armes. La tentation d’y recourir est d’autant plus grande que la haute technologie est présente partout sur les théâtres d’opérations. On en vient à oublier que ce sont des hommes et des femmes qui conçoivent et conduisent ces opérations, qui endurent et qui souffrent et qui risquent leur vie ou leur intégrité physique pour protéger leurs concitoyens. La prudence et la réversibilité s’imposent donc dans la mise en œuvre de réformes qui peuvent affecter profondément l’exercice futur du métier des armes. Dans un système où les chefs militaires n’auraient plus la capacité d’influer sur les choix majeurs des responsables politiques, on prendrait le risque d’une triple évolution, souvent constatée dans les pays européens où les militaires sont tenus en suspicion: syndicalisation, politisation des élites et découragement des meilleurs. Dans l’univers aseptisé des officiers «recentrés sur leur cœur de métier», on ne rencontre, bien sûr, ni Napoléon ni de Gaulle, mais c’est aussi Foch, Lyautey, Leclerc ou de Lattre à qui on ferme la porte."    
Voici en substance, le communiqué du Conseil national des Barreaux: "Le Conseil National des Barreaux, représentant la profession d’avocat, connaissance prise de la volonté du Gouvernement d’intégrer au projet de loi de finances 2014 un article qui vise « à renforcer l’accès à la justice et l’équité de l’aide juridictionnelle » par la suppression de la contribution pour l’aide juridique et la revalorisation du montant de l’unité de valeur de référence de 1,51 % : SE FELICITE de la suppression annoncée de la taxe de 35 euros qui devait être acquittée pour tout engagement de procédure devant les juridictions judiciaires et administratives et qui constituait une entrave à l’accès au droit des citoyens. Cette suppression ne peut cependant être l’occasion d’un désengagement de l’Etat et doit s’accompagner d’une réflexion concertée sur la recherche de financements complémentaires. A ce titre, le Conseil National des Barreaux rappelle les propositions formulées en vue de permettre la rétribution des avocats qui prêtent leur concours à la défense des plus démunis. Il s’était ainsi prononcé en faveur de l’instauration d’une taxe sous forme de la perception d’un droit affecté ou d’un droit de timbre sur les mutations et actes soumis à enregistrement, dépôt ou publicité comme source de financement complémentaire permettant le doublement du budget de l’aide juridictionnelle. RAPPELLE que l’unité de valeur n’a pas été revalorisée depuis 2007, alors que les charges pesant sur les cabinets d’avocats n’ont cessé de croître. CONSTATE que la modeste revalorisation proposée du montant de l’UV de référence de 22,50 à 22,84 euros conduit en réalité, par la suppression de la modulation en fonction de la localisation géographique, à un désengagement de l’Etat et à une diminution sans précédent de l’indemnité versée aux avocats au titre de l’aide juridictionnelle totale. Cette diminution sera en moyenne de 5,62 % et pourra atteindre près de 12 % pour certains barreaux. S’OPPOSE par conséquent à cette mesure inacceptable et demande solennellement au garde des Sceaux, ministre de la justice, d’engager sans délai une concertation avec la profession d’avocat pour, après avoir renoncé à son projet d’article tel que présenté, rechercher des solutions pérennes de financement de l’aide juridictionnelle assurant une juste rétribution des avocats.  
Le 4 septembre 2013, Madame Christiane Taubira, Garde des sceaux, ministre de la Justice a présenté à 14 associations d'aide aux victimes l’avant-projet de loi relatif à la prévention de la récidive et à l'individualisation des peines. Voici le compte-rendu de cette réunion à laquelle était conviée l’AfVT, l’Association française des Victimes de Terrorisme, représentée par Stéphane LACOMBE et Géraldine BERGER-STENGER: « La politique pénale menée depuis 10 ans a échoué. Tout d'abord, les peines planchers n'ont pas dissuadé les récidivistes potentiels puisque le taux de récidive a plus que doublé. Par ailleurs, les procédures pour lutter contre les sorties sèches ont manqué leur cible puisque 78 % des personnes incarcérées sortent sans aucun contrôle. Or, le taux de récidive des sortants de prison est près de deux fois plus élevé dans le cadre de sorties sèches que dans le cadre d'un aménagement de peine. Il faut donc « prévenir la récidive afin d'éviter de nouvelles victimes » a insisté la Garde des sceaux. Pour la ministre, ce texte vise à offrir la possibilité aux magistrats d'individualiser la peine lors de son prononcé et de son exécution, à assurer une réinsertion durable du condamné pour éviter la réitération des faits et à garantir le respect des droits des victimes.  L'avant-projet de loi modifie l'article 707 du code de procédure pénale en introduisant, avant la définition de la finalité du régime de l'exécution de la peine, le principe du respect des droits des victimes au cours de l'exécution de la peine : la possibilité pour la victime de saisir l'autorité judiciaire de toutes atteintes à ses intérêts, d'obtenir réparation, d'être informée si elle le souhaite de la fin de l'exécution de la peine, et le droit à ce que soit pris en compte la nécessité de garantir sa tranquillité et sa sûreté.  Le texte prévoit que l'autorité judiciaire est tenue de garantir l'intégralité de ces droits tout au long de l'exécution de la peine quelles qu'en soient les modalités. Il introduit par ailleurs de nouvelles dispositions visant à renforcer les pouvoirs de la police et de la gendarmerie en cas de violation par une personne placée sous main de justice de ses obligations et notamment envers la victime. Avant un échange avec l'ensemble des participants, la ministre a rappelé les actions entreprises depuis un an en faveur de l'aide aux victimes : augmentation du budget de l'aide aux victimes de 25,8% en 2013, ouverture de 150 bureaux d'aide aux victimes dans les tribunaux de grande instance d'ici la fin de l'année. Christiane Taubira a également rappelé les dispositions de la circulaire de politique pénale du 19 septembre 2012 pour une meilleure prise en charge des victimes au cours du procès pénal. Elle « a demandé à ce qu'une attention particulière soit portée aux victimes et que l'on améliore leur information ». La Garde des sceaux a ensuite évoqué l'ensemble des travaux en cours pour améliorer l'aide aux victimes, et notamment leur indemnisation. « J'ai un très grand respect pour les victimes, c'est pour cela que je ne les instrumentaliserai jamais » a conclu Christiane Taubira."  Source : Ministère de la justice      
Le 2 août 2013, en Conseil des ministres, Jean-Yves LE DRIAN, Ministre de la Défense, a présenté le projet de loi de programmation militaire (LPM) pour les années 2014-2019.   Ce projet de loi met en œuvre les orientations de la politique de défense française pour les six prochaines années, à la suite du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale publié le 29 avril 2013. La loi de programmation militaire fixe sur six ans les priorités opérationnelles et les choix majeurs en matière d’équipements et d’effectifs.  Elle traduit dans la durée l’engagement de la Nation en faveur de sa défense. Dans ce cadre, de nombreux objectifs ont été identifiés parmi lesquels : D'abord, une sanctuarisation du budget de la Défense : il a été décidé de le maintenir à son niveau actuel durant trois ans, soit 31,4 Milliards d’euros, avant qu’il n’augmente légèrement en deuxième période. Le Ministère se félicite qu’ « Avec ces ressources, la France restera l’un des rares pays dans le monde à pouvoir assumer simultanément les trois missions fondamentales que sont la protection du territoire et de la population, la dissuasion nucléaire, appuyé sur deux composantes distinctes et complémentaires, et l’intervention sur des théâtres extérieurs, tout en s’appuyant sur une industrie parmi les premières dans le monde ». Toutefois, derrière ces annonces, la réalité semble moins angélique puis que le maintien du budget global à son niveau actuel est conditionné par la récupération par l’Etat de  recettes exceptionnelles ( biens immobiliers, participation au capital de grandes entreprises) à hauteur de 5,9 milliards d’euros étalées sur 6 ans et ceci sans aucune garantie…Ensuite, des investissements dans neuf grands secteurs (sous-marins, hélicoptères, aéronautique de combat… et le renouvellement des équipements (MRTT, A400M, missiles de croisière…); Cependant, il semble qu’un étalement des livraisons est préconisé. Enfin un effort sur la préparation opérationnelle et surtout  une saignée des effectifs militaires et civils sans précédents. L’objectif fixé est d’atteindre 242 779 personnes d’ici 2019. Certes le Ministère prévoit que « viendront compléter des mesures d’accompagnement, dans un esprit de concertation, d’écoute et d’analyse. Ces mêmes principes s’appliqueront aux restructurations qui seront mises en œuvre sur le territoire et annoncées fin septembre » Toutefois,  le secteur de la défense a connu dès 2008 des restructurations considérables et des bouleversements substantiels, ce qui ne peut qu’entamer largement le moral des troupes déjà mis à rude épreuve. A noter que le renseignement, les grands équipements de l’avenir (programme Scorpion, standard F3R du Rafale…), la cyberdéfense et l’Europe de la défense seront également privilégiés. Lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’issue, Jean-Yves Le Drian a estimé que ce projet de loi était « résolument tourné vers la préparation de l’avenir » et qu’il le défendrait «  cet automne au Parlement, dans l’intérêt de notre défense et le respect de celles et ceux qui la servent ». Le texte doit être discuté fin octobre au Sénat puis à l’Assemblée nationale. A suivre donc….
Le recours à la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) permet aux victimes de certaines infractions dommageables d’obtenir la réparation intégrale des préjudices consécutifs à un dommage corporel. Toutefois, ce recours est conditionné à ce que le fait dommageable, présente le  caractère matériel d’une infraction et qu’il ne relève pas d’un  régime spécifique. Or, par un arrêt en date du 28 mars 2013, la cour de cassation a refusé à un militaire blessé, à l’occasion de l’Opération Licorne en Côte d’ivoire le bénéfice de la CIVI. Ainsi, sont exclus de la CIVI les faits dommageables qui ne relèvent pas des infractions de droit commun. Cette décision semble consacrer une exclusion supplémentaire à l’article 706-3 du code de procédure pénale, lequel n’avait prévu jusqu’à présent uniquement des exclusions légales.   Cf. Cass, Civ 2ème, 28 mars 2013, n°11-18.025

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La loi n° 2012-1432 du 21 décembre 2012 relative à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme a été publiée au Journal officiel (JO 22 déc. 2012).  
Afin de sanctionner la pratique de citoyens français ou de personnes résidant en France qui participeraient à des camps d'entraînement terroristes à l'étranger, ce texte rend la loi pénale française applicable aux crimes et délits qualifiés d'actes de terrorisme et réprimés par le titre II du livre IV (C. pén. art. 421-1 à 422-7) lorsqu'ils sont commis à l'étranger par un Français ou par une personne résidant habituellement sur le territoire français (C. pén., art. 113-13, créé L. n° 2012-1432, 21 déc. 2012, art. 2).  
La loi nouvelle crée notamment une nouvelle incrimination des actes de recrutement, même non suivis d'effet, en vue de participer à une association de malfaiteurs à visée terroriste ou de commettre des faits de nature terroriste : "Le fait d'adresser à une personne des offres ou des promesses, de lui proposer des dons, présents ou avantages quelconques, de la menacer ou d'exercer sur elle des pressions afin qu'elle participe à un groupement ou une entente prévu à l'article 421-2-1 ou qu'elle commette un des actes de terrorisme mentionnés aux articles 421-1 et 421-2 est puni, même lorsqu'il n'a pas été suivi d'effet, de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende" (C. pén., art. 421-2-4, créé L. n° 2012-1432, 21 déc. 2012, art. 3).  
Source : L. n° 2012-1432, 21 déc. 2012 relative à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme : JO 22 déc. 2012

Le 7 novembre dernier, en Conseil des Ministre, Madame La garde des sceaux, ministre de la justice, a présenté un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe.

Extrait. « Ce texte, fondé sur une recherche de l'effectivité du principe d'égalité, permet aux couples de même sexe de se marier. Par conséquent, il ouvre également aux personnes de même sexe mariées la voie de l'adoption, que ce soit l'adoption conjointe d'un enfant par les deux époux ou l'adoption de l'enfant du conjoint.

Il permet la célébration d'un mariage entre deux personnes de même sexe résidant en France et la reconnaissance en France des mariages entre deux personnes du même sexe célébrés à l'étranger avant l'entrée en vigueur de la loi.

Le projet de loi ne modifie pas le régime juridique actuel du mariage ou de la filiation adoptive : il ouvre l'institution du mariage avec ses droits et devoirs aux personnes de même sexe. Il comprend néanmoins des dispositions d'adaptation, notamment pour la détermination du nom de l'enfant adopté, la règle actuelle, prévoyant l'attribution du nom du père à défaut de choix fait par les parents, n'étant plus adaptée dans le cas d'un couple de même sexe.

Le texte prévoit également de nombreuses dispositions de coordination dans les différents codes. Lorsque cela est strictement nécessaire, les mots « père et mère » sont remplacés par le mot « parent » et les mots « mari et femme » par le mot « époux ». Ces modifications ne sont pas systématiques. En outre, elles ne concernent pas les actes d'état civil et le livret de famille, dont la forme n'est pas régie par la loi. Ces actes, ainsi que le livret de famille continueront à utiliser les termes de « père et mère » dès lors qu'il s'agira de couples de personnes de sexe différent »

Informations : www.assemblee-nationale.fr