Vidéosurveillance permanente en détention

Est-il légal de soumettre un des protagonistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris à une surveillance continue alors même qu'il est incarcéré à l'isolement? La question a été posé d’abord devant le tribunal administratif de Versailles avant d’être évoquée devant le Conseil d'Etat. Le requérant évoquait "une atteinte grave et manifestement illégale à sa vie privée" due à sa surveillance ininterrompue dans sa cellule. La Haute juridiction administrative a confirmé notamment que la vidéosurveillance permanente en détention était compatible avec l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le Conseil d’Etat a estimé « qu'il résulte de l'instruction que tant le caractère exceptionnel des faits pour lesquels le requérant est poursuivi, qui ont porté à l'ordre public un trouble d'une particulière gravité, que le contexte actuel de poursuite de ces actes de violence terroriste, font, à la date de la présente décision, obligation à l'administration pénitentiaire de prévenir, avec un niveau de garantie aussi élevé que possible, toute tentative d'évasion ou de suicide de l'intéressé ; qu'eu égard à la forte présomption selon laquelle ce dernier peut bénéficier du soutien d'une organisation terroriste internationale disposant de moyens importants, et alors même qu'il n'aurait pas manifesté à ce jour de tendance suicidaire, sa surveillance très étroite, allant au-delà de son seul placement à l'isolement, revêt ainsi, à la date de la présente décision, un caractère nécessaire ».